
Ce mois-ci, nous sommes fiers de vous présenter Marie-Anne Perreault, doctorante à l’École d’innovation sociale Élisabeth-Bruyère.
Sa thèse doctorale s’intéresse aux partenariats créés entre des administrations municipales et des groupes citoyens dans le but de transformer les rapports de pouvoir au sein de l’État; de faire émerger, de prendre soin ou de pérenniser un commun; ou de favoriser la création d’un engagement civique au bénéfice de dynamiques relationnelles propices à la création, à la prise de décision et au vivre-ensemble au sein de la communauté.
Dans ce profil, Marie-Anne partage son expérience de l’organisation collective, explique comment nous pouvons bâtir des communautés plus solides et indique comment nous pouvons travailler ensemble avec succès en dehors des structures capitalistes.
Qu’est-ce qui vous a inspirée à choisir ce domaine de recherche ?
Mes intérêts de recherche découlent de mon expérience à titre de gestionnaire d’organismes à but non lucratif et de coopératives, de mon implication citoyenne dans des communs, et de mon désir que nous nous réapproprions notre capacité collective à faire, à décider et à vivre ensemble. Je crois que, face aux crises sociales, démocratiques et environnementales qui secouent nos sociétés, il y a urgence que nous prenions soin collectivement du bien commun pour le bénéfice de l’ensemble de la Nature.
Quelles sont les trois choses que vous souhaiteriez que les gens sachent à propos de votre domaine de recherche ?
- Faire et décider ensemble ne s’apprend pas, ça s’expérimente sur le terrain.
Nos sociétés actuelles ne nous permettent plus de vivre et d’apprendre dès un jeune âge ces savoirs. C’est par l’implication sur le terrain que de telles connaissances sont accessibles à un grand nombre. Toutefois, cela vient avec une foule de zones de grincements, de conflits et d’idées qui s’entrechoquent. Ces étapes font partie intégrante du processus d’apprendre à faire et à décider ensemble. C’est normal. Il ne faut pas se décourager, mais persévérer dans notre engagement à faire en commun (commoning) ! - Cultiver une posture d’égalité des intelligences facilite la création de liens de confiance.
Développer et maintenir une telle posture n’est pas toujours facile. Cela permet pourtant de favoriser la création de relations interpersonnelles basées sur le respect, sur l’inclusion, sur l’ouverture, sur l’écoute de l’autre et sur la réciprocité. Ce faisant, nous sommes à même de construire une intelligence collective plus forte et d’entretenir des liens de confiance essentiels pour développer un capital social qui servira la réalisation de projets porteurs de sens pour le bien commun. - Les communs opèrent dans un temps long et à contre-courant du système capitaliste.
Créer des liens entre individus, gagner la confiance de nos institutions pour se réapproprier des ressources qui seront mises en commun (communaliser), développer nos connaissances et aptitudes pour faire en commun ensemble (commoning), avoir un impact qui dépasse notre simple communauté : tout cela demande du temps. Cela peut sembler contre-intuitif au départ dans un système qui valorise la vitesse, l’efficacité et la productivité. Pourtant, c’est ainsi que nous irons plus loin et mieux, en tendant vers davantage de justice sociale et environnementale par et pour toutes et tous.
Pourriez-vous recommander des ressources à ceux qui souhaitent en savoir plus sur votre domaine de recherche ?
Je vous recommande le très beau balado Raconte-moi un commun pour découvrir des communs inspirants.
Je vous invite à lire les livres : À nous la ville de Jonathan Durand Folco, Éditions Écosociété (2017) et Le pouvoir subversif des communs de David Bollier et Silke Helfrich, Éditions Charles Léopold Mayer (2022) et à découvrir les autres traductions et outils développés par le collectif Remix the Commons.
Enfin, je vous invite à vous intéresser aux travaux du Collectif de réflexions et d’interventions sur les transformations et institutions des communs (Collectif CRITIC) et à surveiller les événements, publications ou dossiers diffusés sur la plateforme En Commun.
Où peut-on consulter certains de vos travaux de recherche récents ?
- À paraître en décembre 2026 : Perreault, M.-A., & Michaud, A. (2026). L’Espace des Possibles d’Ahuntsic, vecteur de confiance, de relations et d’engagement civique? Dans Politique des communs. Expérimenter, transformer, instituer (Presses de l’Université Laval, p. 35‑66). https://www.prologue.ca/795759-88-livre-Sociologie/Politique_des_communs.html
- Perreault, M.-A. (2024). Tracking the social capital generated by the commons. A proposed theoretical framework for moving towards a caring city. Contesti. Città, territori, progetti, (1), 64‑81. https://doi.org/10.36253/contest-15287
Chercheuse principale dans le cadre du projet de recherche subventionné suivant :
- « Élaboration de partenariats public-commun : acteurs, processus et modèles de transformation sociale », Bourses de doctorat du CRSH, obtenue le 1er mai 2025.
Chercheuse associée dans le cadre des projets de recherche suivants, financés par des subventions :
- « Recension de partenariats municipaux avec le tiers secteur de Gatineau », Subvention engagement partenarial au CRSH, déposé par Jonathan Durand Folco et accepté en février 2026
- « Recensement et typologie des partenariats ad hoc de type public-citoyen à Laval pour comparer avec la situation gatinoise », Subvention volet 2 au Réseau de Recherche en Économie Sociale et Solidaire, déposé en collaboration avec Dan Furukawa Marques et accepté en avril 2026
- « Mise à l’échelle d’espaces publics multifonctionnels et analyse des partenariats public-citoyens dans la gestion partagée des tiers-lieux », Subvention volet 2 au Réseau de Recherche en Économie Sociale et Solidaire, déposé en collaboration avec Dan Furukawa Marques, accepté en avril 2025
Merci, Marie-Anne, d’avoir partagé ta vision novatrice de la façon dont nous pouvons bâtir des communautés plus solides, qui placent l’intérêt des gens au cœur de leurs actions.



