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Une chercheuse de l’Université Saint-Paul à la tête d’une équipe de recherche en supervision clinique

Imaginez ceci : Dès le doctorat, vous vous investissez dans un champ de recherche embryonnaire. Pendant plus d’une décennie, vous contribuez contre vents et marées à l’émergence d’une spécialité peu prisée. Après 15 ans de persévérance, vous obtenez 72 000 $ d’un important conseil de recherche pour porter à maturation le fruit de vos travaux, dont les retombées s’annoncent importantes. Voilà qui résume bien le parcours de Cynthia Bilodeau, professeure agrégée à l’Université Saint-Paul et chef de file canadienne de la recherche en supervision clinique.

Un intérêt de longue date

Directrice de l’École de counselling, de psychothérapie et de spiritualité de l’Université Saint-Paul, Cynthia Bilodeau se passionne depuis longtemps pour la supervision clinique. Pour elle et ses cinq collaborateurs, l’obtention d’une subvention du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH) constitue l’aboutissement d’efforts soutenus. « Cela faisait quatre ans que mes collègues et moi recueillions des données préliminaires en vue de présenter une proposition, raconte-t-elle. Nous sommes très enthousiastes d’avoir obtenu les fonds et les ressources voulus pour poursuivre nos travaux. »

Dans l’équipe dirigée par Mme Bilodeau figurent trois chercheurs de l’Université d’Ottawa, un chercheur de l’Université du Québec à Montréal et Christian Bellehumeur, professeur titulaire à l’Université Saint Paul.

Un objet de recherche singulier

Principale approche pédagogique employée dans la formation des psychothérapeutes, y compris à l’Université Saint-Paul, la supervision clinique a ceci de particulier qu’elle est de nature relationnelle. « Superviser un futur psychothérapeute, explique Cynthia Bilodeau, c’est l’accompagner dans un cheminement qui lui permettra d’acquérir une compétence cruciale : une connaissance approfondie de soi et de la façon dont ses propres expériences influent sur son rapport aux patients. La ligne entre encadrement et traitement est donc très mince, et il est impératif pour le superviseur d’en être conscient pour ne pas la franchir. »

Une approche répandue, mais méconnue

Bien qu’elle soit utilisée partout dans le monde, la supervision clinique demeure un objet de recherche peu étudié d'un point de vue pédagogique. « Nous en savons encore très peu sur ce mode d’enseignement », indique Cynthia Bilodeau. « Ce que nous connaissons de cette méthode découle essentiellement de la théorie psychothérapeutique. Ce que notre subvention nous permettra d’étudier, c’est : i) le mécanisme relationnel de la supervision clinique qui se distingue de la relation thérapeute patient; ii) les facteurs qui favorisent une pratique de la supervision optimale. »

Les forces : une source de compétences

Sous quel angle la professeure Bilodeau et ses cochercheurs entendent-ils aborder leur objet de recherche ? « Nous avons choisi pour cadre théorique la psychologie positive, qui mise sur les forces de l’apprenant pour favoriser l’acquisition de compétences », précise celle-ci. Cette approche, qui a déjà fait ses preuves en enseignement primaire, paraît selon elle très prometteuse dans le contexte de la supervision clinique. « En misant sur les points forts d’un apprenant, on s’assure qu’il se sent bien; un apprenant qui se sent bien performe bien. Nous voulons comprendre la manière dont les étudiants supervisés développent des aptitudes et comment une approche fondée sur leurs forces pourra faciliter leur progression. »

Des retombées concrètes pour les futurs diplômés

De quelle façon ces travaux et les publications qui en découleront influeront-ils sur les prochaines cohortes ? Selon Cynthia Bilodeau, ils permettront aux superviseurs et enseignants de la psychothérapie de mieux cerner les besoins des étudiants pour y répondre d’une façon optimale. « En ce moment, en raison du manque criant de recherche, le milieu de la supervision clinique avance un peu à tâtons. Grâce aux résultats de nos recherches, nous serons encore mieux outillés pour former nos étudiants efficacement et enrayer les risques liés à la relation de pouvoir entre superviseur et supervisé. »

Cette subvention de recherche arrive à point nommé, puisque l’Ordre des psychothérapeutes autorisés de l’Ontario vient de reconnaître la formation des superviseurs comme une compétence essentielle. « Cela témoigne de l’importance croissante que l’on accorde désormais à la pratique de la supervision. Nous avons bon espoir que nos constatations serviront à éclairer les pratiques des écoles et des ordres professionnels. »



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